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Le JdR futuriste sur la Terraformation de MARS : Projet TEM

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Un avant goût du terrifiant Red Wüste de la planète Mars !
Les incroyables aventures des Terraformers mais aussi les moments heureux comme les périodes de douleurs.

- La grande aventure martienne de la Terraformation -
[27/07/2017 05:11] Histoire de Dahlia
Catégorie : Légendes & folklore


Titre : Le guetteur



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Post de : Dahlia
"There's a port on a western bay
And it serves a hundred ships a day
Lonely sailors pass the time away
And talk about their homes"

Sur la véranda de sa maison, Albert Hewett chantonnait la musique qui passait à la radio en se balançant lentement dans son rocking-chair, le regard perdu dans la lisière de la forêt qui commençait au bout du champ en friche. Lorsqu’elles ne tenaient pas une de ses cigarettes roulées ou le goulot d’une bière tiède, ses mains se reposaient sur le fusil qui était en travers de ses jambes.
Le mois de juillet battait son plein et entre deux éditions rapportant des nouvelles du Vietnam, les annonces météo prévoyaient l’été le plus chaud et le plus sec depuis deux décennies, bien au-dessus des normales de saison. Comme si les saisons étaient normales, pensait Albert, la nature se foutait bien de leurs statistiques à la con. Le soleil assenait ses rayons sur la prairie alentours et tout se parait d’une couleur jaune aveuglante qui tranchait avec le bleu profond du ciel. Pas un souffle de vent pour déranger les mouches, épargner les mauvaises herbes brûlées ou soulager le vieil homme collant de sueur qui guettait sa propriété. Propriété était un bien grand mot pour les hectares de terres en friche, où ce qu’il restait des anciennes cultures de soja cohabitait avec toute sorte de plantes venues tenter leur chance. A l’écart, une maison tout en bois, sale, bancale, faisait face à la plus grande forêt du Colorado, comme un insecte maladif en fin de vie soutenant le regard de la marée montante. Pourtant il fut un temps où le domaine Hewett était un petit coin de paradis organisé basé sur l’honnêteté et le travail.

Les trois frères Hewett venaient alors de rentrer de la guerre du Pacifique durant laquelle ils avaient servi dans la campagne de Guadalcanal et celle des îles Salomon. Ils pensaient rentrer à la ferme de leur père, plus soudés que jamais entre eux et surfer sur la vague du renouveau économique américain. A la place ils trouvèrent leur ferme vendue à de nouveaux propriétaires et leur père disparu. Albert réussi à se faire embaucher auprès de ceux qui avaient acheté la ferme de sa famille, mais ses deux frères refusèrent de se rabaisser ainsi et trouvèrent du travail dans un bar miteux du hameau le plus proche. Ce fut des temps difficiles pour la fratrie. Albert couchait dans la grange avec les animaux et ça lui coutait une bonne partie de son salaire, tandis que ses frères dormaient dans l’allée derrière leur bar et consommaient autant qu’ils étaient payés. Ils se retrouvaient chaque week-end pour parler du passé en tirant sur des bouteilles et des épouvantails ressemblants à leurs patrons. Ils n’arrivaient à faire aucune économie et en venaient à regretter leur vie de bidasse dans les îles japonaises, une vie dangereuse et fatigante mais avec des objectifs clairs et des camarades honnêtes. C’est l’un de ces camarades qui, un jour d’été étouffant, vint leur rendre visite et les sauva de leur désœuvrement. Il avait la peau noire et un nom slave, et malgré d’initiales réticences culturelles, les frères avaient finis par le respecter, l’apprécier, et même avouer que sans son équipe d’artillerie, ils seraient surement restés dans l’archipel nippon, éparpillés aux quatre coins d’une plage au sable brûlant. Le retour à la vie civile lui avait apparemment réussi, à en juger par ses lunettes de soleil Ray-Ban et son impeccable costume, ses dents blanches parfaitement alignées dans un sourire quasi-permanent. Les frères Hewett avaient beau l’apprécier, ils ne pouvaient s’empêcher de le jalouser et de se demander où était la justice dans le succès de ce nègre et leur misère dans leur propre pays. Les pères des pères de leurs pères s’étaient déchirés pour la liberté des nègres et voilà que leur générosité étouffait leurs enfants. Mais leur camarade ne laissa pas le temps à de telles pensées de s’installer confortablement et les surpris en leur donnant plus qu’ils ne pouvaient le concevoir. Un domaine à l’autre bout de l’état, avec une ferme, de nombreux hectares arables et des promesses d’achats en gros, pour la somme d’un dollar et la signature de deux contrats. Le moment fut émouvant et les frères n’écoutèrent qu’à moitié l’histoire que leur racontait leur camarade sur sa tante qui avait marié un riche propriétaire et relancé son réseau agricole à travers le sud-ouest des États-Unis, une histoire d’amour qui dépassait les couches sociales et dont les retombées donnaient naissance à une nouvelle dynamique économique qui se faisait ressentir à travers tout le pays. Ils ne pensaient qu’à leur nouvelle vie, loin de ce patelin, loin de ceux qui les exploitaient depuis toujours, cette fois-ci ils seraient leurs patrons.
Solennellement, leur ami leur présenta les deux contrats. Le premier était pour les deux jeunes frères Hewett, ils travailleraient quinze ans à la ferme cédée au sud-ouest du Colorado, puis iraient travailler ailleurs, à l’intérieur de la zone sauvage de Weminuche. Le deuxième contrat était pour Albert, lui aussi travaillerait quinze ans à la ferme, au terme desquelles il serait libre de continuer à l’exploiter, de vendre ou louer le terrain, mais avec l’obligation absolue de surveiller la forêt de San Juan en bordure de l’exploitation. "L’obligation absolue de surveiller" avait une police d’écriture spéciale, était soulignée, répétée et nécessitait une signature à chaque mention. Il n’y avait aucune date quant à la fin de cette surveillance.
C’est avec un grand sourire que leur camarade récupéra les contrats remplis, et la bonne humeur continua toute la journée et toute la soirée.
Les quinze ans qui suivirent furent les plus heureux de la vie des Hewett. Ils bâtirent une nouvelle vie, loin de toute ville, loin du progrès effréné qui rendait fous les gens modernes. Leur exploitation donna du travail au peu de gens qui vivaient dans le coin et aux vagabonds qui se montraient digne de confiance, ce qui se résumait la plupart du temps à prouver qu’ils avaient fait la guerre. Ils ne manquèrent de rien et les deux plus jeunes frères se marièrent et eurent des enfants. Les années s’enchainèrent et bien trop vite leur ami noir revint les trouver. Les frères d’Albert partirent avec leur camarade de guerre en disant à leur ainé qu’ils reviendraient dès qu’ils le pourraient. Ils ne revinrent jamais.
Deux ans plus tard Albert revendait la majorité de ses terres à un plouc de l’autre côté du Rio Grande, deux fois leur valeur, pour ne garder que sa maison au bord de la forêt. Il n’avait jamais réalisé à quel point ses frères étaient importants dans sa vie, et à quel point il était incapable de se trouver une femme et fonder une famille. Il se renferma, coupa tout contact extérieur et lorsque ses économies se mirent à fondre il se résigna à attendre, fusil en main, les trous du cul du gouvernement qui voudraient le virer de chez lui. Mais ce jour n’arriva jamais, car il se mit à recevoir régulièrement des colis d’expéditeurs anonymes contenant assez d’argent pour lui permettre de vivre et de conserver sa propriété, avec à chaque fois une copie du contrat qu’il avait signé, un rappel de "surveiller la forêt".

C’est ce qu’il fit. Chaque jour il passait des heures sur sa véranda, à fixer l’orée de cette immense forêt qui avait avalé ses frères et digéré ses rêves. Ses cheveux et sa barbe drue inégalement rasée devenaient blanc, on le regardait de travers et les enfants gloussaient lorsqu’il se rendait à l’épicerie de la ville la plus proche pour prendre des boites de conserve et des munitions, il se vidait régulièrement sur les toilettes et pestait contre ses hémorroïdes sans jamais se dire qu’il devrait consulter un médecin. Vingt ans après le départ de ses frères, il maudissait le jour du contrat, mais continuait de le respecter, par habitude, parce qu’il ne saurait quoi faire d’autre.

Le morceau qui passait à la radio touchait à sa fin lorsque des parasites se mirent à brouiller son dernier refrain et sortirent Albert de ses pensées. Une voix monotone emplit les ondes, la mauvaise qualité de la diffusion rendait difficile la compréhension, mais au fil des ans Hewett avait compris qu’il s’agissait d’un avertissement, d’une mise en garde contre une troupe qui se déplaçait, suivit de consigne de sécurité pour rejoindre des bunkers. Après ça, la diffusion énonçait des codex, des règles et des pensées d’une doctrine qui lui semblait arriérée, barbare et incompréhensible. Des traîtres tués et leurs cadavres profanés, des paresseux punis par la torture. Il se foutait bien de la forme, il savait ce que ça voulait dire, il ne lâcherait pas du regard cette maudite forêt jusqu’au lendemain. La voix monotone répéta sa mise en garde trois fois, puis les parasites laissèrent place à la station de radio qu’il écoutait avant. Durant tout le reste de l’après-midi il enchaina cigarette sur cigarette et délaissa sa bière au profit d’un whiskey de mauvaise qualité, pour calmer ses mains moites et tremblantes.
Alors que le soleil commençait à se coucher et à donner aux pins une chaude aura orangée, Albert vit un point noir se détacher de l’orée de la forêt. Il arrêta de se balancer, arma son fusil et se leva de son rocking-chair. Plissant les yeux, il donna une chance à la forme humanoïde qui se trainait vers sa maison, une chance de parler, de s’arrêter, de lever les bras, de courir même, une chance de faire n’importe quoi d’autre que de boiter dans sa direction. Il mit la crosse du fusil contre son épaule, aligna son œil droit à la mire, passa sa langue sur ses lèvres et fit feu. A l’autre bout du champ, la forme sombre s’écroula.

Putain ils devenaient de plus en plus moches, pensa Albert, debout au-dessus de ce qu’il venait d’abattre. Ça avait été humain, c’était sûr, puis quelque chose d’horrible était arrivé et ça ressemblait maintenant au monstre de Frankenstein, avec autant de partie masculines que féminines cousues ensembles, engoncées dans ce qui ressemblait à un scaphandre de plongée éventré, mais en plus léger. Certaines de ses parties avaient commencé à se décomposer, puis était resté figé dans cet état. Le tir du vieil homme avait arraché la moitié du crâne de la créature, répandant son contenu sur plusieurs mètres. Ça allait faire le bonheur de quelque corbeau, se dit Albert en chargeant le cadavre glacé dans une brouette et en l’emmenant dans la forêt.
Ces choses se déplaçaient en ligne droite, il l’avait très vite remarqué en observant un groupe dans la forêt. Elles contournaient les obstacles et les arbres évidemment, mais elles déviaient le moins possible d’un itinéraire qui les menait jusque sa maison, ou tout du moins qui y passait. Alors la première chose qu’il entreprit fut de suivre leur itinéraire en sens inverse, de remonter à la source. Sa longue marche dans l’épaisse forêt le mena à l’entrée d’une petite cave. Ça ne semblait être qu’un petit creux dans un mont rocheux, un cul-de-sac obscur, sec, qui ne servait d’abri qu’à quelques mille-pattes. En rêves, il y trouvait un tunnel à peine assez grand pour pouvoir y ramper, et se perdait dans un labyrinthe sous-terrain dans lequel d’horribles créatures erraient, aussi perdues que lui.
Sa première idée fut d’en barricader la sortie et poser des pièges, mais tout ce qu’il installait disparaissait sans trace dans les jours qui suivaient. Alors, à chaque fois qu’il tuait les choses qui sortaient des bois, il ramenait leurs dépouilles dans la cave, pour qu’elles disparaissent aussi. Ça avait commencé comme un affront, une provocation, un cadavre jeté dans cette stupide cave pour mettre en garde les suivants. C’était maintenant une habitude.
Albert prit la pelle posée contre la bouche de la cave et creusa un petit trou dans celle-ci. Il y mit le cadavre, quelques branches et l’arrosa avec le jerrycan d’essence qu’il avait emporté dans la brouette. Il finit patiemment sa cigarette jusqu’à ce qu’il n’en reste qu’un petit bout. Tirant dessus pour le rendre le plus rougeoyant possible, il jeta le bout dans la fosse. Le feu ne prit pas. Lâchant un juron, il récupéra une branche, y mit le feu avec son briquet et la jeta dans le trou qui s’illumina de timides flammes. Il observa la progression des flammes jusqu’à ce qu’elles recouvrent entièrement le corps monstrueux. Vue de l’extérieur, la cave avait l’allure d’un endroit mystique où, au cœur de la nuit, quelque vieillard s’adonnait à d’épouvantables rites devant un feu vacillant. S’allumant une nouvelle cigarette, Albert reprit sa brouette et rentra chez lui.

Hewett sortit des bois au matin, dans son champ en friche, au même endroit où se tenait, la veille, l’abomination. Il s’arrêta net en voyant bouger une forme humaine sur sa véranda. Elle semblait chercher un moyen d’entrer. Par reflexe, il prit le fusil dans sa brouette et l’épaula. Il s’humecta les lèvres, aligna son œil à la mire et laissa à la forme une chance. Au bout de plusieurs longues secondes son doigt s’éloigna de la détente et il reposa l’arme. Les mouvements de la personne étaient trop rapides et habiles, trop humains.
Lorsqu’il fut proche, les couinements de sa brouette firent se retourner le visiteur. Ce dernier le salua et commença à débiter des conneries commerciales, Albert n’était même pas sûr d’avoir compris ce qu’il essayer de lui vendre. Ce qu’il avait compris par contre, était que cet homme voulait en finir avec ce moment au moins aussi vite que lui. Il connaissait ce regard, parfois teinté de peur, souvent de dégout, ce regard qui disait que personne ne voulait se tenir près de lui une seconde de plus que nécessaire. Les yeux du commercial se posaient régulièrement sur le fusil et le jerrycan dans la brouette et il arriva de lui-même à la conclusion que peut-être Albert n’était pas intéressé par ce qu’il lui proposait. Hewett confirma qu’il n’était pas intéressé et le visiteur se dirigea aussi vite que la politesse l’accordait vers sa voiture. Le vieil homme au visage fermé prit mentalement note de la plaque d’immatriculation du véhicule lorsqu’il s’éloigna et, grognant d’incompréhensibles jurons, il termina un fond de whiskey chaud et s’endormit comme une masse sur sa véranda.

Quelques jours plus tard, le même soleil brûlait la terre, bien que la matinée venait à peine de commencer. Le guetteur, fidèle au poste, se balançait encore dans son rocking-chair, cigarette à la bouche, bouteille en main, et chantait une chanson qui passait à la radio et qu’il appréciait tout particulièrement.

"Old man take a look at my life I'm a lot like you
I need someone to love me the whole day through
Ah, one look in my eyes and you can tell that's true"

Sa voix se termina en un grondement alors que ses pensées s’égarèrent dans les paroles. Il s’y retrouvait, et cette réflexion le remplissait de tristesse. Depuis le départ de ses frères il était seul, vraiment seul. Pas un être humain à des kilomètres à la ronde, ceux du village le plus proche le méprisaient. Si demain il ne se réveillait pas, personne ne le remarquerait, personne ne le pleurerait.
Ses frères avaient toujours eu un don pour plaire aux femmes. Avant leurs mariages, il leur suffisait d’une soirée pour amener une fille dans leur lit, parfois avec eux deux en même temps ! Il avait vu la magie, car il n’avait pas d’autre mot pour ça, opérer à plusieurs reprises devant ses yeux, il leur suffisait d’un regard, un simple putain de regard et c’était décidé, ils allaient finir par faire la bête à deux dos. Tout ce qu’Albert obtenait en regardant une femme était un sourire gêné et un inconfortable silence, suivi d’un froncement de sourcil si le moment durait trop longtemps. Pourtant il avait essayé, durant les années d’heur de la ferme Hewett. Il allait alors régulièrement dans une petite bibliothèque et avait sympathisé avec la bibliothécaire. Elle était grosse et timide, mais si tout le monde s’accordait pour dire qu’elle était laide, il lui trouvait du charme dans l’expression de ses yeux, son rire et surtout dans les conversations qu’ils partageaient. Leur amitié se transforma naturellement en intimité et, très vite, Albert se rendit compte que ce n’était pas pour lui. Il ne ressentait rien de spécial et même s’il aimait les moments passés avec elle, il s’apercevait qu’il se forçait à passer du temps avec elle, préférant en fin de compte être seul. Pourtant lorsqu’il était seul, il ne cessait de penser aux femmes qu’il connaissait ou à celle, imaginées, qu’il rencontrerait peut-être.
Après tant de temps, après tout ce qu’il s’était passé, il se demanda comment serait sa vie s’il n’avait cessé de voir la bibliothécaire. Serait-elle là, à se balancer à côté de lui ? Auraient-ils des enfants à l’autre bout du pays ? Serait-il lui-même ailleurs, après avoir envoyé chier le contrat du négro et brûlé cette putain de forêt ?
De rares larmes se mirent à couler sur sa peau burinée pour se mélanger à sa sueur. Le poids de ses regrets l’écrasait, et rien ne pouvait être changé.
Dans cet état, il mit du temps pour réaliser que sa radio émettait des grésillements qu’il ne connaissait que trop bien. Le guetteur essuya son visage avec sa manche et se concentra pour écouter la voix monotone énoncer ses obscures lois, peut-être qu’il comprendrait quelque chose qui lui avait jusqu’ici échappé. Soudainement, le son chuta et la radio s’éteignit. Albert tapota la radio, la secoua, puis il se résolut à se lever pour aller chercher de nouvelles piles. Il fouilla dans la cuisine, puis dans la chambre. Il retourna le débarras et hurla de frustration dans le grenier. Il avait des réserves d’eau, de nourriture, d’alcool, de cigarette, d’essence, de magazines cochons, de papier toilette, mais plus une seule satanée pile. Après avoir passé ses nerfs sur la vaisselle dont il ne se servait plus depuis bien longtemps, Albert attrapa ses clefs et démarra sa voiture en trombe. Il frappait sur son volant et râlait, roulant bien trop vite, et s’énerva encore plus lorsqu’il voulut mettre de la musique et se rappela que la radio de sa voiture ne fonctionnait plus et qu’il utilisait sa radio portable partout où il allait.

Il s’arrêta en travers sur le trottoir en face de la quincaillerie dans laquelle il avait l’habitude d’aller. Il essuya son visage rouge avec sa manche, passa une main dans ses cheveux blanc jaunâtre graisseux et passa la porte en essayant de paraitre le plus normal possible. Il prit autant de piles que son sac put en transporter, des centaines, et lâcha sur le comptoir des billets enroulés et chiffonnés. Il observa avec la patience la moins sincère la jeune caissière compter l’argent et lui rendre la monnaie, puis lui demander s’il voulait un deuxième sac. Albert secoua la tête, jura lorsqu’il fit tomber un billet et dut douloureusement se pencher pour le récupérer, puis retourna en nage dans sa voiture.
Il roula encore plus vite au retour, imaginant sa maison grouillant des atrocités aillant enfin réussi à s’échapper des labyrinthes souterrains. Peut-être alors quelqu’un allait réagir, peut-être que le vieux Albert Hewett paraitrait soudainement moins bizarre.
Il plissa les yeux en claquant la portière de sa voiture. Tout dans sa propriété était exactement comme il l’avait laissé. Le rocking-chair immobile derrière le garde-fou vermoulu de sa véranda, la radio au compartiment des piles ouvert sur la table bancale, une bouteille de whiskey vide au sol dans laquelle bourdonnaient des dizaines d’insectes, tout séchait lentement sous un soleil impitoyable qui était au zénith. Soulagé mais encore passablement énervé, Albert éventra un paquet de piles, éparpillant la moitié au sol, et en prit une poignée qu’il fourra dans sa radio. Elle reprit vie immédiatement et ce n’est qu’après ça qu’il s’assit dans sa chaise et souffla. Un vieil air qu’il ne connaissait pas et n’aimait pas passait alors sur les ondes, mais il préférait ça au silence. Des putains de piles, pensa-t-il, il était persuadé d’en avoir en réserve. Au moins maintenant il n’en manquerait pas, jusqu’à ce qu’on le mette en terre, et même après.

Bientôt il se releva pour aller chercher son fusil et le charger. Puis commença de nouveau l’attente. La constante de sa vie, attendre que quelque chose vienne à sa rencontre. Le soleil, la terre, les herbes folles, et l’orée de la menaçante forêt. Le regard du guetteur perdu dans quelque forme abstraite, en attente du mouvement. La veille, la semaine d’avant ou dix ans plus tôt, c’était la même chose, rien n’avait changé. Toutes ses attentes se mélangeaient.
Puis, quelque chose bougea. Un point noir se détacha d’entre les arbres en se balançant. Quelque chose d’autre bougea à sa droite, et un autre point noir apparut à sa gauche. Albert se leva de son rocking-chair, la gorge sèche, le cœur battant, de plus en plus de créatures sortaient de la forêt. Il n’en avait jamais vu autant.
En épaulant son fusil, une partie de lui-même, détachée de cette scène surréelle, se disait qu’il aimait le morceau qui venait de commencer à la radio, tandis que son index pressa la détente et qu’une forme s’écroula à l’autre bout du champ.

"On the first part of the journey
I was looking at all the life
There were plants and birds and rocks and things
There was sand and hills and rings"

Albert passa la langue sur ses lèvres et tira de nouveau. Il avait besoin d’une poignée de secondes entre chaque tir pour se concentrer et viser correctement, mais chaque tir abattait une horreur. Son fusil fut très vite vide et il se précipita pour aller chercher une boite de munition dans sa chambre, se prenant au passage toutes les portes, les coins de meubles et les pieds de tables possibles. De retour sur la véranda il chargea frénétiquement son arme en s’apercevant que plus de créatures continuaient de sortir de la forêt, des dizaines. Sans réfléchir à la possibilité qu’il ne pourrait pas tous les abattre, ni à celle qu’il pourrait s’enfuir, il épaula de nouveau son fusil et décocha tir après tir.

"You see I've been through the desert on a horse with no name
It felt good to be out of the rain
In the desert you can remember your name
'Cause there ain't no one for to give you no pain"

Ses bras lui faisaient mal, ses doigts tremblaient et laissaient échapper quelques cartouches au sol. Albert n’était pas en état de s’en soucier, ni même de s’énerver, il se contentait de faire ce qui devait être fait, sans rien imaginer que les dix secondes d’après. Le champ en friche était parsemé de cadavres au crâne éclaté, leurs scaphandres noirs absorbant le soleil sans le refléter. Le tireur avait arrêté de compter ou de regarder si d’autres sortaient encore de la forêt. La partie de lui à même de réfléchir s’était mise à chanter de concert avec la radio, trouvant que le rythme de ses tirs ajoutait de la beauté à la composition du morceau.

"The ocean is a desert with its life underground
And a perfect disguise above
Under the cities lies a heart made of ground
But the humans will give no love"

Une créature s’écroula à quelques mètres de lui seulement, si proche qu’il put croiser son regard assez longtemps pour ne rien y trouver. Il aligna de nouveau son œil avec la mire de son fusil pour se rendre compte qu’il venait d’abattre la dernière monstruosité. Baissant son fusil, il prit conscience du battement fou de son cœur et de sa respiration difficile, le seul bruit dans une après-midi devenue maintenant étrangement silencieuse. Sa gorge et son estomac étaient noués à lui en faire mal. Le champ auparavant jaune de végétation brûlée par le soleil était devenu à moitié noir, comme recouvert par une armée de funestes scarabées.
Le dernier des Hewett sourit. Pour la première fois depuis le départ de ses frères, depuis sa dernière fois avec la bibliothécaire, un franc sourire de soulagement fendit le visage marqué par le temps d’Albert.
Son sourire se figea alors qu’il repéra d’autres mouvements à l’orée de la forêt. Cinq, dix, des dizaines, des centaines, plus. La forêt entière semblait se déraciner et ramper vers lui. Il crut revivre un assaut japonais durant la guerre, mais sans aucun bruit. Il n’avait aucun compagnon non plus à ses côtés. Peut-être n’avait-il jamais quitté les îles japonaises, tout le monde était parti sauf lui.
Il s’assit dans son rocking-chair. A la radio, la chanson arriva à sa conclusion et le groupe continua la mélodie avec des "lalala". Le vieil homme fredonna avec eux. Il passa la langue sur ses lèvres gercées et épaula son fusil.
[25/07/2017 21:12] Histoire de Tisi
Catégorie : Légendes & folklore


Titre : L'aspiration de Vajrabhairava



2

1
Post de : Tisi
Avec application, j'incisais à l'aide d'une épine d'Agave quelques-uns de mes hématomes afin de récolter ce sang de la douleur gavé de H-702 dans une fiole vaccin.
La construction de mon tout premier mandala était une nouvelle et importante étape de mon cheminement sattvik, et j'avais pour cela amoncelé une bonne partie de mon inventaire dans ma salle logistique.

Après avoir soigneusement fait couler quelques gouttes d'une Fiole justinienne sur les plaies, je pris le flacon sanguinolent et y versai précautionneusement le contenu d'un sachet de Lumière Solaire, mélangeant ensuite longuement et délicatement le tout avec une petite tige osseuse finement taillée jusqu'à obtenir une composition suffisamment pâteuse. Enduisant alors abondamment l'index de ma main gauche de cette sombre et précieuse mixture, je m'installais confortablement en position Siddhasana, veillant bien à me tenir face à l'Ouest, le regard vers Cihuatecayotl.
Avant de me lancer dans des structures plus complexes, je m'étais tout d'abord logiquement concentrée sur les bases fondamentales les plus minimalistes de la voie adamantine de cette coutume bouddhiste. Le centre et les quatre directions; le mandala des cinq bouddhas de méditation. Et j'avais consciencieusement pris soin d'évacuer de mon esprit toute influence de mon conditionnement culturel afin de ne percevoir aucune déité, mais simplement d'élémentaires symboles spirituels servant de supports méditatifs.

- Au Centre et de couleur blanc, Vairocana, le "Grand Soleil", "Grande Lumière" ou le "Resplendissant", somme des couleurs des bouddhas qui émanent de lui;
- au Nord et de couleur vert foncé, Amoghasiddhi, "Succès efficace" ou "Seigneur du son de tambour", pour le dépassement de l’envie;
- à l'Est et de couleur bleu sombre, Akshobhya, "Impassible" ou "Inébranlable", pour transformer la colère en sagesse;
- à l'Ouest et de couleur rouge, Amitābha, "Lumière Infinie", "Longévité Infinie" ou "Bouddha de Lumière Infinie", pour la compassion, l’amour bienveillant et la puissance émotionnelle;
- et au Sud de couleur jaune, Ratnasambhava, "né du joyau", pour le dépassement de l'orgueil et de l'avidité.

L'aspiration de Vajrabhairava était un alizé de direction Est/Ouest, Vajrabhairava une Puissance traditionnellement de l'Ouest, la Forge Karmique Pourpre se trouvait à l'Ouest de la ZdV1, la concession d'Ojal reposait sur sa frontière Ouest, et Kipini où s'élevait le Bouddha décapité était également situé à l'Ouest.
Je voyais bien plus qu'une direction à tout cela, j'y voyais un sens. Et, faisant par la même honneur à l'héritage de Requiem, je continuais de me laisser aspirer par la voie du Vajrayāna, chère à l'école Gelupga... Yamantaka, "l'Exterminateur de la Mort", au coeur, connu sur "nos" dunes sous le nom de Vajrabhairava, "La Terreur Adamantine"...

Les supports primordiaux de ce mandala du "monde de diamant" ne se limitaient pas à ces cinq symboles. Ils se déclinaient en réalité chacun par quatre aspects, interprétés par deux états: "Masculin ou Féminin", "Paisible ou Courroucé".
La structure primordiale à cinq éléments de ce support méditatif adamantin présentait ainsi quatre formes originelles et fondamentales.

- Masculins et paisibles: Vairocana (blanc), Amoghasiddhi (vert foncé), Akshobhya (bleu sombre), Amitābha (rouge) et Ratnasambhava (jaune).
- Féminins et paisibles: Akasadhatishvari (blanche), Tara (verte), Locana (bleue claire), Pandaravasini (rouge claire) et Mamaki (jaune).
- Masculins et courroucés: Bouddha-Heruka (noir), Karma-Heruka (vert), Vajra-Heruka (bleu), Padma-Heruka (rouge) et Ratna-Heruka (jaune).
- Féminins et courroucées: Krodhesvari dit la Dame courroucée (noire), la Dame courroucée de l'Action (verte), la Dame courroucée du Vajra (bleue), la Dame courroucée du Lotus (rouge) et la Dame courroucée du Joyau (jaune).

La découverte et la construction de mon mandala allait être une longue entreprise, prenant racine dans sa plus simple et primordiale expression par la déclinaison de ces quatre aspects fondamentaux que j'allais devoir interpréter, structurer et symboliser.
Une fois tout cela bien déterminée et articulée, j'allais vraiment pouvoir me lancer dans des architectures plus complexes, mélangeant chacune de ces assertions, et y ajoutant également d'autres supports méditatifs, tel évidemment que Vajrabhairava, voire même Ojal Panduranga en Dakini Adamantine de l'Ouest.

Avidité, colère, ignorance, orgueil et scepticisme. L'A.C.I.O.S, les cinq perturbatrices.
Au cours de mon itinérance, je les avais chacune observées droit dans les yeux, j'avais plongé mon regard dans leurs tréfonds, soutenant sans faiblir la vision de leurs pupilles néfastes... j'avais laissé toucher ma peau par la fange maudite.

Prenant quelques minutes avant de me consacrer à la construction des quatre mandalas qui devaient me mener au-mien ainsi qu'à celui de l'offrande pour Ojal, je récitais paisiblement le mantra de Padmasambhava... le maître spirituel dit "né du lotus".

https://www.youtube.com/watch?v=ynSWoeQYsTE&feature=yo utu.be
[15/07/2017 21:54] Histoire de Tisi
Catégorie : Légendes & folklore


Titre : L'aspiration de Vajrabhairava



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5
Post de : Tisi
Comme j'en avais coutume à chaque fois que je venais méditer sur la concession d'Ojal, je laissais par respect mon Betrayal relativement à distance. Non que je pensais que le bruit de la turbine pouvait perturber son "sommeil", elle paraissait si "éloignée" de nous, mais la sérénité qui émanait de ces lieux était si palpable que je n'osais la troubler. Cet endroit ressemblait à mes yeux à une enclave, je m'y sentais si apaisée, comme ressourcée. Je savais pourtant pertinemment toute la violence qu'il recelait...
Jamais jusqu'à présent, je n'avais pu ne serait-ce qu'apercevoir un seul de ces Initiés originaires du Jiuduocun et qui, selon toute vraisemblance, s'avéraient être les survivants des Dob-dob "sous la montagne"... Je n'avais certes pas encore essayé d'établir le contact. C'était bien trop prématuré encore, et j'avais beau avoir parcouru beaucoup de chemin depuis Sol Invictus, je n'étais pas encore prête. Ils ne devaient pourtant pas être bien loin. Et peut-être observer. Pouvaient-ils seulement percevoir les vibrations de ManiBhairabayan transcender nos Karmas ? Et surtout les recevraient-ils comme une bénédiction ou un sacrilège ? Si toutefois, même si j'avais peu de doute à ce sujet, c'était bien d'eux dont il s'agissait...

Les gestes lents et assurés, je m'asseyais en position du lotus sur la dune habituelle.
Ce petit monticule attirait grandement mon affection pour sa résistance et sa persistance, et surtout je parvenais à y communier en paix comme nul part ailleurs, idéalement placée en face du bunker d'Ojal Panduranga. Se trouvait-elle réellement à l'intérieur ?
Je me posais d'incessantes questions, et beaucoup avaient trouvé leur réponse, mais il en restait encore d'innombrables dans l'ombre. Le cheminement sattvik qui était le-mien depuis plus de trois ans maintenant me semblait sans fin, mais je le suivais, consciencieusement portée par Eecatl, telle une procession. Et doucement, je me laissais "aspirer" par Vajrabhairava... J'avais foi en Ojal tout autant qu'en König. Je savais pourtant bien qu'il n'était pas le Roi du Shambhala des Traditions Jonang et Gelug, et induit par le Codex 0a310 du Bunker Soeur... Tout au moins, pas encore. Et le jour où peut-être il se poserait la question, alors je m'agripperai à ma Foi en Ojal et en l'Azur, et je lui dirai, avec un brin de malice... Mon Roi, "connais-toi toi-même"... Et tu sauras. Et tant qu'il n'aurait pas prouvé le contraire, je croirai en lui. Talos y croyait-il lui aussi ? Pour Souther, c'était en tout cas bien autre chose.

Je savais que Vajrabhairava était une divinité de la méditation; et que Guru Meditation ait pu être membre de Melpomène par le passé consolidait bien plus que mes intuitions, mais également mes convictions et ma détermination. Et que Thorn laisse penser que notre tout premier Huitzilopochtli était "indien et de véritable lignée royale sur notre planète Terre" n'allait pas m'inciter à croire le contraire. Néanmoins la nationalité française de Guru m'amusait tout autant qu'elle me laissait quelque peu perplexe. Et il sera nécessaire d'ailleurs que j'étudie aussi à un moment de manière bien plus assidue ce personnage qui, comme moi, semblait bien croire au lien entre König et la légende du Shambhala. Beaucoup de l'héritage que Requiem m'avait légué et du travail que j'avais dès lors entamé me menaient à lui. Il allait tôt ou tard falloir que j'y vienne, et j'avais d'ailleurs commencé dans cette idée depuis un moment déjà à répertorier les Azurins de ZdV1 du Totem Tortue Stellaire. Et parmi mon recensement et ma classification des monastères bouddhistes terrestres, je n'omettais bien sûr pas du coup ceux français.
La Tradition Gelugpa retenait grandement mon attention, car Vajrabhairava y était hautement lié, et les Dob-Dob de Manibhairabayan étaient également des moines de cet Ordre tibétain. Je tâchais pour autant dans mes études de ne pas négliger les autres écoles, car je tenais vraiment à avoir une vue d'ensemble et un regard des plus objectifs possibles. Comme, entre autres, pour les cultures Aztèques, Incas et Mayas, le travail s'avérait colossal. Et j'avais d'ailleurs éprouvé bien moins de difficultés avec celle nordique. Probablement, cela provenait de quelques origines européennes. A n'en point douter même.

Depuis la nuit consécutive à l'Inti Raymi et l'épilogue du premier mouvement Adamantin que j'avais amorcé quelques mois en amont avec le cérémonial céruléen et ma méditation sépulcrale, j'avais quitté la zone Kohno pour revenir temporairement sur Nanyotenmondaï afin de me recueillir avant ma prochaine étape, à Kipini.
Mon escale ohktavienne et les repérages que j'y avais réalisés, tout comme le rite ancestral de combativité et celui du bouillon ancestral que j'avais amorcés en même temps que l'onction, avaient un but en commun. Celui de marcher sur les traces du Tanta de Kalachakra, le Tantra de "la Roue du Temps" que le Dalaï-Lama gardait précieusement. Et qui était cher aux Gelugpas, notamment ceux du Monastère de Namgyal de l'enceinte du Palais du Potala à Lhassa, et qui à priori désormais résidaient à Dharamsala, en Inde.
Cette étude était pénible et difficile, mais indispensable. Et je m'y attelais avec autant de ferveur et de dévouement qu'à l'accoutumée. La route de Diamant était ainsi pavée, et elle avait pour moi l'honneur et la noblesse du reflet de l'Or, ainsi que la lumière de l'hommage que je pouvais rendre à Requiem, comme avec Eecatl. Et depuis bien longtemps déjà j'avais pris conscience que je ne m'appartenais plus. J'aurais tellement aimé avoir l'esprit d'une Hermétique pour me joindre à elle et à ces Témiens que j'appréciais tout autant que les Nomades, les LSD et tant d'autres, mais j'avais celui d'une enfant d'Erinyes et de la Tribu des Vents, et à défaut Ojal et l'Echiquier semblaient vouloir malgré tout réaliser mes voeux, et par les Chinooks, Vajrabhairava et l'Echiquier, m'avaient ramenée à étudier les Blackmonks.
Mais il fallait avant que je passe par Kipini et le Bouddha décapité, tel Mimir de la "sagesse" nordique. Et peut-être par la Faction Purificatrice aussi. La somme de travail à accomplir m'apparaissait si vertigineuse.

J'avais également au cours de ces derniers mois considérablement avancé sur l'étude du Codex 0a198.
Les quelques réactions que j'avais pues susciter au Bar du Forage suite à la correction infligée à Lilith ainsi que lors de mes dernières communions avec Eecatl me donnaient d'indubitables indices. Et pas que sur cela d'ailleurs. Je me demandais bien si Eecatl était un phénomène lié à MMEMO comme Yaxche, ou à Colossus comme Muluc; peut-être un processus de type König, Xiutehcutli, Ohkt ou Mictlan, mais j'en doutais fortement quand même... Autre chose ? Qui sait ?... Les Ehecatotontin pouvaient le laisser croire. Un jour, nous le saurons bien...
En attendant, je continuais d'apprendre. Encore et encore... et de me laisser aspirer.

Jamais je ne m'étais sentie aussi proche de me trouver. Pourtant, mon nom n'avait pas changé. Il manquait encore quelque chose. Mais quoi ?
J'avais étudié ce qui était arrivé à Laxa et Abby, avec autant d'assiduité que les mémoires que ma mère avait laissées à mon intention au Shaman et vers lesquelles Cedrxator m'avait à l'époque conduite. J'avais en revanche très peu récolté d'informations sur DrThrax, peut-être d'ailleurs ferais-je bien d'en parler avec Lev. D'autant que le drapeau syndical qu'il arborait m'interpelait avec beaucoup d'ironie. Quoi-qu'il-en-soit, même si pour chacun il y avait de nombreuses différences, c'était surtout les points communs qui m'importaient, comme ce qui m'était arrivé à l'époque où j'avais été séparée d'Erinyes, et que j'avais perdu mon nom de Tisiphone.
Depuis que j'avais décidé de mettre un terme à mon Itinérance en rejoignant Nomades, je m'y efforçais... en vain. Il n'avait d'ailleurs pas fallu longtemps, malgré mes réticences, à MaelochXZ pour me convaincre, d'autant que Requiem m'avait déposée dans les bras d'Eecatl. J'avais tellement d'estime pour l'Amenokal de la Tribu des Vents, tout autant que pour Requiem et Lev. Même si je savais que l'enseignement qu'il m'avait transmis était subjectif, j'avais néanmoins un grand respect pour lui, tout autant que ma mère semblait en avoir. Je savais ses motivations nobles et honorables...

Et je n'avais toujours pas recouvré de nom... d'un vrai. Mais je m'en sentais si proche... Plus que jamais.
Depuis Nomades, le nom d'Elissandre sillonnait sciemment et à dessein mon esprit, et depuis que j'avais pris conscience de la fourberie du 37 et des B.O.S.S, celui d'Arya se mêlait aussi à lui, et encore bien plus depuis le jour où j'avais rejoint Melpomène... mais rien n'y faisait... Mais rien non plus ne semblait pouvoir endiguer ma volonté, et plus j'étais confrontée à la traîtrise et à la pauvreté morale, plus j'étais déterminée et convaincue.
Je comprenais bien que mon parcours linéaire, toujours fidèle à la noblesse et allergique à la fourberie, pouvait paraître opaque pour quelques-uns, et qu'au contraire, ils l'assimilent aux-leurs, aussi différents soient-ils les-uns des-autres, m'en disait long sur certains; et mon esprit notait, et telle une Furie, fusse-t-elle d'Eecatl et de Vajrabhairava, je n'oubliais jamais rien...

Les tibétains, au 27 février, avaient commencé à fêter leur nouvel an... sous le signe de l'Oiseau Géant de Feu femelle.
Oiseau Géant de Feu était le Totem d'Ojal, l'année semblait avoir été choisie comme mes milles jours et mon titre de soeur du sarcophage de Melpomène à l'occasion du 25 décembre, jour de Mithra et de Sol Invictus... La blague ne semblait pas vouloir prendre fin, et je percevais mon âme sourire d'une indécente plénitude...
[06/07/2017 21:39] Histoire de Htebazi
Catégorie : Journal intime


Titre : Touyou



11

2
Post de : Htebazi
https://www.youtube.com/watch?v=7EKuymIYCtE

Bon. T'es encore là. Et visiblement moi aussi. Quel merdier. La vie c'est de la foutaise. Elle te met là où tu veux pas et t'enlèves de là où t'aimerais. 'Tain, ya des mecs qui jouent à Labyrinthe ou quoi ?
Je me demande souvent dernièrement si le seul cadeau qu'elle te fait c'est d'être là… si toute la merde qu'elle t'offre va à un moment donné se changer en choses chouettes, en chouettes choses, en bonheur. Et encore j'en demande pas tant. Juste un petit sourire. Fais moi un sourire, Vie ! Et après laisse-moi tranquille. Comme dirait l'amoché, j'attends la routourne, moi.

Ma mémoire me dit que je suis sur Mars. Elle me rappelle que je reprend peu à peu contact avec la pute. Mes yeux s'ouvrent plus souvent, je suis une fourmilière géante. J'entends des trucs chelous, j'me demande si les fourmis sont bon signe ou pas. Bon signe pour quoi ? Ça dépend du sens… oui mais ça dépend ça dépasse. Je prends petit à petit à nouveau conscience de mon corps… ce satané corps.
Non mais, les planches à pains là ?! Pardon. Mes cuisses me font mal. Elles s'engourdissent sans rien faire depuis si…. Depuis combien de temps déjà ? Je crois qu'elles m'envoient des signes. Mes bras bougent pas, ils peuvent rien attraper. Même pas j'arrive à serrer les doigts sur les siens.

Et là c'est le drame. Les siens ? Ceux de qui ? Il y a des gens qui passent dans l'infirmerie. L'infirmerie de mon syndicat… Obscure ? Non, c'est pas ça…. Je ne me souviens plus. Putain. Plus que des gens sans visage. Comme dans les pires cauchemars du monde. Les gens masqués de flou. J'ai toujours détesté le carnaval.
Parmi cette foule d'inconnus je te cherche. Je te cherche tout le temps partout. Sur tous les visages j'essaye de coller le tien. Arya pourra peut-être m'aider. J'ai pas la pièce qu'il faut. Mais là-bas, au fond de la pièce… il y a…. des talons ? Ça clique dans ma tête, des poussières qui claquent comme un canapé. Clic-clac, et bam ! A terre. Je ne sais même plus qui moi je suis. Je ne suis que ton ombre.

Je souffle. Je ne veux plus de cette ombre. Sur la petite table de nuit -comme si j'étais dans un lit- il y a le bocal de pilules. Il est plein. Depuis combien de temps j'en n'ai pas pris ? Je perds la notion du temps. Je perds toutes les notions de tous les temps. J'ai plus d'imparfait que de plus-que-parfait. Chanson d'étoile. Je perçois les couleurs. Elles font un peu mal aux yeux.
J’entends quelqu'un arriver. Il faut que je ferme les yeux. Mes lèvres ne sont pas encore capables de bouger et surtout, surtout, je ne sais même plus quel son font mes cordes vocales. Elles me sifflent Mars dans les oreilles. Mais je ne sais même plus si j'y suis née. Il me faudra un orthophoniste. Ces satanés yeux ne se ferment pas. Le masque s'approche… je me sens oppressée, ne m'approche pas ! Tu vas m'écraser ! Comme des murs qui se rapprochent, il est là. L'eau absente de Mars se loge sous mes paupières….
[03/07/2017 20:47] Histoire de Stone
Catégorie : Inclassable


Titre : Mappy



6

4
Post de : Stone
* Le sourire presque dément du passioné sur les lèvres, le regard braqué droit devant moi, je regarde à travers le parebrise blindé de mon betrayal le visage indompté et indomptable de ma diabolique terra qui se superpose sur la plaine désertique s'étendant devant moi.
Mon pied écrase déjà la pedale d'accélaration sur le plancher métallique, mais ce n'est pas suffisant.
J'enclenche le joyaux mécanique installé en complément de ma turbine modifiée et jubile en sentant mon bet décoller un peu plus, m'emportant plus loin et plus vite.
Le vrombissement du saint boost génère une image dans mon esprit, celle de la Lord, celle qui a perçu le baroudeur qui sommeillait en moi avant même que je parcours mon premier kilomètre, celle qui m'a pris comme élève et m'a transmis son savoir. La seule qui m'ait jamais confié son hydroboost, n'en déplaise aux fabulateurs et mythos plus soucieux de distiller leur venin dans une vaine tentative d'amoindrir leurs frustrations que de rechercher la vérité.*

Lord Luna .... je ne t'oublie pas ..... j'attend patiement ton retour !

https://www.youtube.com/watch?v=DJ7i9wSJPTE
[02/07/2017 15:43] Histoire de Lilith
Catégorie : Bar du Forage


Titre : La bonne voie.



7

7
Post de : Lilith
Confortablement installée sur une chaise en métal du bar, la jeune femme aux cheveux rouge déployés derrière elle sur son scaphandre, fume une Airkusse aux couleurs verdâtre et semble prendre un "bain de foule".
En fait, c'était un désormais rare passage au bar pour "se faire voir". Lilith avait prise l'habitude de ne plus trop y passer tellement il était rempli d'hypocrites et autres nuisibles. Seulement, il y avait des gens qui étaient vraisemblablement très dérangés de ne serait-ce qu'apercevoir l'Acidalienne. Ainsi, à ceux là, elle se faisait un plaisir de se montrer. D'où sa présence aujourd'hui.

Alternant lentement entre bouffées de sa Nuclear et de gorgées de son verre de jus multi vitaminé de synthèse, la Redhead aperçoit au loin ce qui ressemble au mot de Kimcass qu'elle avait laissé dont on lui avait parlé.
Étonnant qu'il soit encore là se dit elle.

Se plongeant dans le regard de Fuel Goliath, presque inanimé par le peu de fréquentation que tout le monde déplorait sans rien y faire, elle s'y perd et part dans une réflexion interne.



_Bien heureux les ignorants pense Lilith.
Ceux là même qui parviennent à tout mélanger et même tout et son contraire.
Ceux là qui ne connaissent aucune mécaniques des choses mais qui se vantent de certains faits ne s'étant jamais produits.
Qu'il était aisé pour ceux là, à l'esprit embrouillé, de tout déformer et ainsi de s'imaginer une vie heureuse où tous les autres sont des idiots.
L'excès est leur apanage, et se cachant derrière des pseudos principes, commettent bien pire que ce qu'ils disent subir._



Ses pensées défilaient, tandis que sa clope spatiale abandonnée presque a terme, finit par s'éteindre toute seule.



_Tentant finalement de se remémorer l'agression récente dont elle fut victime, Lilith ne se rappel que d'avoir vu son ancienne amie a qui elle avait tant de fois demandé de l'oublier. Toujours, celle-ci avait eu a cœur de revenir l'harceler en tentant de le lui reprocher, en invoquant telle idiotie ou bien encore tentant une énième manipulation.
On lui avait rapporter que cette fois ci, c'était encore une vendetta de bas fond. La vengeance de son amie toujours aigrie aux quinze tentatives de suicides loupés.
Lilith n'avait pas compris quand on le lui avait rapporté cette rumeur. Elle avait déjà payé a plusieurs reprises. Pour quoi déjà? La marsballeuse avait du mal a se souvenir, tellement cela avait été risible.
Ah! D'avoir collé un taquet a une gourde qui en faisait collection tellement elle était méprisante de tout ce qu'elle n'était pas.
Questions après questions Cihuatletl en est venue a se demander pourquoi elle spécifiquement. Pour seule réponse elle ne trouva que la simplicité. Toujours facile de s'en prendre a des gens dont tout le monde se fiche. Et le fait que plusieurs de ses amis l'aient abandonnée et critiquée elle, pour un juste retour de violence auquel elle faisait face et pas l'autre parti, suffisait a rentrer tout le lot dans la catégorie de la première réflexion. Avoir une simple étiquette de "méchant" suffisait visiblement a rendre impardonnable un acte de défense, et excusable une attaque gratuite de par les porteurs de l'étiquette "gentil". Manichéisme primitif dont tout le monde se détache toujours, mais que l'on retrouve toujours chez ces personnes s'en dédouanant le plus férocement et le plus régulièrement dès qu'il en est fait mention.

Au final quoi qu'ait pu faire la grande demeurée aux milles mensonges, aucune séquelles résiduelles n'étaient la après le cour passage en stase juste après l'attaque. Et le passage fabulé chez les putréfacteurs dont Tisi se vente avoir infligé sans cesse n'est que le mile et unième mensonge issue de sa folie et de son ignorance sur le fonctionnement des choses.

Celle qui se vente d'avoir la vérité en toute chose et qui s'estime l'égale du convoyage et dont au final elle cautionne leur sang sur ses mains n'est au final que petite sotte.
L'esclavagisme dans l'initiation à de beaux jours devant lui.

Cette pensée extirpe a Lilith un sourire et un sentiment de bien être. Plus que jamais elle se sent sur la bonne voie, celle de La Fusion.
La où certains se laissent dépérir, là où d'autres ne voient que la destruction et le meurtre pour mettre en échec les plans des uns et des autres, les B.O.S.S. se tiennent loin de tout cela et œuvrent vers un but, en ne s’embarrassant pas de fausses valeurs et d'un azur plus que malade, corrompu par la fourberie, la lâcheté et la traîtrise à sa propre cause._



Parfaitement requinquée par cette petite séance méditative et de bain de foule, Lilith écrase son Airkusse, termine d'un trait son verre et trace direction sa concession. Elle venait de reprendre suffisamment de force pour endurer le confort de solitude, isolé de tout ces parasites qui nuisent à la pourpre pour un petit moment.
Avant de franchir le sas, sa voix qui irrite tant d'oreilles laisse entendre une mystérieuse phrase aux quelques personnes suffisamment conscients pour la comprendre au milieu du bruit affreux de la ventilation vieillissante du Forage.

"Ce sont tes amis qui en souffrirons le plus."
[02/07/2017 05:33] Histoire de Tisi
Catégorie : Légendes & folklore


Titre : Le Sicaire à la Rouge Toge



3

8
Post de : Tisi
La maghémite se répandait sur les concessions, recouvrant le sable et chaque structure de sa teinte si particulière.
Je percevais dans ma bouche l'âpreté de cette poussière minérale toxique et si fine qu'elle parvenait à se frayer un chemin malgré la protection conférée par les filtres. Ma poitrine très vite s'étreignait tel un étau comme pour signaler à ma respiration souffreteuse que mes poumons subissaient une rude épreuve.

Je tâchais néanmoins de maintenir ma position méditative et en profitais espièglement pour offrir une séance de bodypainting martien à mon scaphandre. Il n'allait apprécier que modérément le bougre.
Heureusement que la lourde machine Chipāhua était capable de faire partir cette matière hautement magnétique.

Elle était, soit-disant, évocatrice de la présence d'eau autrefois sur notre planète.
Qu'avait-il bien pu se passer ? Les Sauriens sur lesquels Ohkt étudiait avant de "basculer" ? La rivalité entre le Mostra et la Firme ? L'acidité de la Forge sur le noyau ? Ou peut-être "la lutte" du Soleil ? Autre chose ? Je me posais bien la question...
Beaucoup de légendes et de mythologies avaient traits au Soleil sur Terre, et se rejoignaient plus ou moins... Et de nombreuses cultures se retrouvaient aussi sur Mars... La principale, celle Aztèque, était une véritable gageure... La culture nordique était aussi présente, comme celle Bouddhiste avec Ojal. Parfois, à l'évocation des Ténèbres, je pensais même ironiquement à l'Apophis égyptien... Et tout cela, tels des contes, prenant même à l'occasion la tête à MMEMO, faisait caricaturalement écho aux codex... Je me demandais souvent s'il y avait un lien avec l'eau disparue de la surface de Mars... Au final, ce qui comptait surtout, c'est ce que nous étions aujourd'hui.

Portée par Eecatl sur le chemin de l'Itinérance, j'avais mis le temps pour me trouver, pour savoir qui j'étais vraiment.
Et je me sentais si épanouie, presque accomplie. Libérée de savoir où était ma place. L'Echiquier représentait à mes yeux bien plus que l'aboutissement de mon Itinérance, et bien que j'avais en définitive préféré l'indépendance, Melpomène et Erratique nourrissaient inlassablement mes plus lumineux sourires. Et même si parfois depuis mon départ Silma se montrait un peu difficile avec moi, étonnamment cela me rassurait, puis de toute façon, je la comprenais, d'autant qu'elle était une fille des vents. Sa mise en sommeil lors de la cérémonie de Turm m'avait d'ailleurs considérablement chamboulée... Et suivant désormais les préceptes d'Ojal comme je m'étais décidée à le faire, je tâchais malgré tout de ne pas trop me laisser emporter par les courants les plus abjects des vents.
Une chose m'ennuyait néanmoins, c'est que les quelques-uns avec qui je pouvais nourrir des comptes étaient des ennemis avérés de König, et mes griefs, même si je les avais oblitérés, avaient inévitablement une apparence qui pouvait semer le doute et qui me déplaisait... J'en avais bien conscience. A tel point, que j'avais fini par décider de partir en indépendante, notamment déjà pour honorer un devoir personnel que je n'aurais jamais du mettre de côté. Agir ainsi était sain, et surtout respectueux à l'égard des Masques d'Or et de König, leur épargnant de ce fait toute confusion.

Le sentiment était étrange. J'avais beaucoup d'affection pour Lilith.
Mais en même temps, j'avais honoré d'un simple clin d'oeil Inti dans l'Arène, les dernières volontés de Winthrop avaient été respectées en livrant la jeune traîtresse aux Putrefacteurs, la mémoire de Steph avait été consacrée, et je m'étais affranchie de l'un de mes devoirs à l'égard d'Hygie. Je pensais également à Luna, et à d'autres aussi... Et en espérant que Lilith comprenne que tout n'était pas permis, ou qu'à défaut il fallait parfois s'attendre à un retour de bâton... D'autant que désormais, en indépendante, j'avais trouvé ma place sur l'Echiquier, marquée comme je l'avais été par mon Itinérance.

Quelques heures plus tard, je pris le temps de me rendre au Bar du Forage, et pouffais amusée en lisant le message qui m'était adressé. Puis plissant ironiquement le regard, j'observais narquoise à droite et à gauche, histoire de ne pas trop semer la zizanie.
Il faut dire que Kimcass avait raison, j'étais bien jeune, puis que je la console à l'époque parce qu'elle s'était rendue compte de m'avoir à tort et sans préavis gueulée dessus et traité de traîtresse et d'autres délices, c'est sûr, je devais être du genre à mettre la zizanie. Mais je compris réellement à un moment qu'il y avait un traumatisme latent, que les Erinyes avaient vécu des épreuves qui les avaient plus que marquées. En définitive, j'étais partie en relatif sommeil, comme beaucoup, et ironiquement, qu'elle m'évince, me réveilla, et me porta sur un cheminement d'altruisme et de sapience. Puis la zizanie, elle n'avait vraiment pas besoin de mon aide pour cela. Et malgré tout, en définitive, je lui étais reconnaissante, sans elle, je n'aurais pas pu probablement faire la connaissance de tant de merveilleuses personnes ni apprendre autant de choses.
Durant mon Itinérance, je rendis de nombreux services, et là, sans second degré, je pouvais comprendre la paraphrénie que cela pouvait engendrer, d'autant que le terreau était bien plus que propice... Mais, au final, je m'étais enfin trouvée.

Toutes ces mièvreries d'ailleurs que je dirigeais à l'égard d'Eecatl souffraient d'une telle indigence qu'il était bien temps de leur tordre le coup.
Je souriais beaucoup en lisant la suite, et peut-être y viendrai-je un jour... En communiant avec l'autre Galerne, le bleu; nous verrons bien. Je n'avais dans tous les cas aucun problème ni à dire avec la direction qu'Erinyes pouvait prendre, cela leur appartenait, tout autant que les convictions que chacun en ce monde peut avoir...

Prenant le temps de me désaltérer, je saluais Gros Robot pour ensuite grimper dans mon Betrayal, direction l'Arène.
C'est qu'Athéna était sacrément combative, j'avais trouvé à qui à faire; elle m'en faisait baver sous mon casque, la chipie ! Nous étions si peu sur la Rouge. Et cette période martienne suivant l'Inti Raymi souvent accentuait le phénomène, et il allait falloir faire le dos rond pour plusieurs semaines.
[29/06/2017 00:32] Histoire de Tisi
Catégorie : Légendes & folklore


Titre : Le Sicaire à la Toge Rouge



3

9
Post de : Tisi
De retour sur ma concession, je souriais heureuse.
Je m'asseyais en tailleur sur le sable, et dans un geste précautionneux et appliqué, je répandais de la Poudre de Coquillage en direction du Soleil levant, les pensées tournées vers König, le regard calme et apaisé.

Je savais que le Roi nourrissait dans son coeur l'ardeur d'une profonde vengeance. Et celle-ci faisait terriblement écho à la-mienne.
Mais il n'était pas question que je puisse m'en servir pour justifier une quelconque croisade personnelle. Melpomène m'en avait d'ailleurs affranchi, et ce n'était pas une mauvaise chose. Et en définitive, j'y étais revenue quand même.
J'appréhendais beaucoup ce choix de l'indépendance tant mon esprit de famille était développé, mais c'était probablement un mal pour un bien. Je comprenais parfaitement qu'on puisse interpréter mes actes et ma présence au sein des Masques d'Or à desseins, d'autant que j'avais forcément été confrontée au cours de mon Itinérance à ce qu'il y avait de plus haineux et rageux, mais aussi et surtout à des personnes si nobles et sages. Dont inévitablement je m'éloignais...

Lilith avait finalement reçu le retour de ce qu'elle avait fait subir à Hygie.
J'avais regardé avec beaucoup de tristesse ce spectacle à l'époque, et aujourd'hui je m'étais libérée de tous liens. Et j'avais également honoré les dernières volontés de Winthrop: puisse son âme et celle de Steph être préservées.
Comme la Redhead, je m'étais fourvoyée, et pire que cela, je l'avais livrée aux Putrefacteurs. J'étais désormais maudite...

Ils étaient peu à pouvoir endiguer mon élan, et à peine revenue, je recevais déjà la première visite d'un ami précieux.
Mais il était bien trop tard pour moi, la voie que j'avais empruntée était sans retour, et c'était seule désormais que je devais avancer. J'avais profondément été marquée par mon Itinérance, et même si j'avais été bien et à l'aise dans tous les syndicats à qui j'avais rendu service ou que j'avais rencontrés, jamais je ne m'étais véritablement sentie à ma place.
J'avais profondément été marquée par de nombreuses rencontres, tellement de visages défilaient devant mes yeux... tant de disparus, d'éteints... Il n'y avait pas de retour possible, et j'avais tout au plus au passage semé quelques graines fluettes, dont certaines même que j'avais lancées comme des pierres.

La maghémite commençait à faire son apparition, et à déployer son voile rougeâtre. Tout ce qui se trouvait à la surface martienne allait être recouvert d'un rouge brun, et c'était toujours avec beaucoup d'émerveillement que je contemplais ce type de phénomène...
Je n'avais pas encore véritablement dansé avec les Galernes, les vents Karmiques comme je m'amusais à les appeler. Nous n'en avions à ce jour répertorié que deux: le Sicaire à la Toge Rouge et l'Esprit de Pilia L'ancien.

Ce vent n'était pas véritablement violent, mais il entraînait dans son sillage une poudre toxique fortement magnétique, si fine qu'elle s'insérait dans les filtres et jusqu'aux poumons. Le goût de la brûlure était intense, même si je le comprenais bien plus que je ne le ressentais, et il laissait souvent une forte toux en souvenir. Les scaphandres de la Firme étaient quand même des appareils étonnants. Bienheureusement.
Ce type de minéral était une forme d'oxyde de fer, le précipité séché témoin d'étendues d'eau autrefois existantes. Mars ne se laissait pas terraformer avec docilité. C'était un rêve, qui avançait péniblement, presque claudiquant... doucement, sans nul doute; sûrement, un peu moins.

J'avais accompli mon devoir personnel et consacré, par Lilith, la mémoire d'Hygie et de Winthrop.
Je me sentais libérée... Accomplie et épanouie. Salie, certes, mais enfin affranchie de cela. Je pouvais désormais me consacrer entièrement à König, déliée de mes chaînes, et peut-être saura-t-il m'apaiser, mes épines étaient encore bien saillantes.
[28/06/2017 05:36] Histoire de Tisi
Catégorie : Légendes & folklore


Titre : L'Aspiration de Vajrabhairava



4

13
Post de : Tisi
La Redhead allait presque pouvoir porter un autre surnom avec le cul tout rouge que j'étais en train de lui confectionner.
Cela allait lui mettre, espérons, un peu de plomb dans la cervelle, ou au moins lui détendre son string.

Je rigolais beaucoup avec le second degré ou les contes, mais le concret où ils prenaient leur source était bien plus intéressant, comme le H-702, les éruptions solaires, les paroles de Souther, celles de König, l'attitude de Gros Robot à l'égard des Crânes de Cristal, le noyau de Mars, ou tant d'autres choses...

Certains maux étaient plus difficiles à expurger que d'autres.
Il était certain que ma gentillesse et ma mansuétude, et surtout mon silence, laissaient peut-être croire à un signe de faiblesse, et c'était toujours un spectacle assez remarquable de voir les Acidaliens se rouler régulièrement dans la fange de leurs délires pour essayer de me provoquer ou me calomnier... J'avais d'ailleurs toujours écouté cela avec beaucoup de hauteur et d'amusement.
Faut dire que j'avais l'habitude avec Panda ou les rouquines... Finalement, cela avait du bon de se lâcher un peu, j'allais bien me divertir, j'aurais du le faire plus tôt.

Les amalgames faits par Lilith et les Acidaliens étaient tellement infantiles.
D'ailleurs, on en convenait bien à l'époque avec Breizhteam, c'était quand même hallucinant de voir les proportions que pouvaient prendre 10 minutes d'exclusion dans l'arène.

Les Acidaliens ne pouvaient pas s'empêcher continuellement de sombrer dans leurs délires, je connaissais cela, mais je pensais bien que ça leur avait passé.

Panda m'avait d'ailleurs volé mon rover sans aucune raison un peu avant la cérémonie de Turm, je n'avais rien dit à personne sur le moment, je ne voulais pas déranger, puis j'étais allée lui exploser la tronche un peu après les commémorations, ça c'était très bien passé, sans débordement. Kilorbine m'avait quelque temps plus tard provoqué également sans aucune raison, je lui avais explosé la tronche, ça c'était très bien passé, sans débordement, Breizhteam lui avait d'ailleurs fait aussi subir le même traitement peu de temps avant et pour les mêmes raisons. Tout se passait toujours très bien et dans la "bonne humeur". Normal quoi, rien de bien extraordinaire, la routine. Puis un peu de vie sur la Rouge, même si on est la cible de crapuleries, c'est toujours un plaisir, surtout quand ça déborde pas en cas social.
D'ailleurs, que je me fasse crapuler sans raison, ça dérangeait pas trop, et c'était très bien. Mais oulah, virer Lilith de l'Arène, là, c'était l'enflammade... J'étais morte de rire, mais j'avais surtout mal pour la Rouge... J'avais d'ailleurs fini par préférer quitter Melpomène pour les protéger; puis de toute façon, j'avais déjà prévu de le faire pour aller récupérer ce que Lulu m'avait volé quand j'étais chez eux.

La pauvre Lilith, elle était complètement névrosée la bichette.
Puis connaissant les Acidaliens, Breizhteam avait du en baver. Mais l'accord qu'il avait obtenu était je trouve satisfaisant. Cela avait l'air de convenir pour chaque parti, et c'était très équitable et très sain. Du moins, pour les Acidaliens, cela semblait ok tant qu'ils pensaient peut-être que je ne pouvais pas me défendre...
Mais ils avaient visiblement pris de très mauvaises habitudes. C'est vrai qu'en ZdV, l'immobilisme, le silence, rien faire en somme, était souvent la norme. Quelle tristesse pour la Rouge, mais ça pouvait se comprendre. Et encore, j'avais été sympa; c'était un peu bizarre pour une pro-König de rendre un masque 37, mais bon, je ne voulais pas attirer d'ennuie aux Melpomènes...

Je plissais les lèvres en observant Lilith allongée. Cela me faisait de la peine pour elle. C'est que je l'aimais bien, mais désormais, j'oeuvrais pour König, et je ne me laissais plus attendrir par ma gentillesse et ma mansuétude.
C'était du tac-o-tac à présent, et avec qui-que-ce-soit. Je ne laissais plus rien passer, je l'avais suffisamment fait, puis par expérience je m'étais rendue compte qu'être trop bonne, c'était surtout être trop conne.

Il était d'ailleurs temps d'en finir... j'inclinais le visage, et lui adressais quelques paroles fluettes...

- " Ma chérie... alors déjà, si tu ne veux pas que je te rende visite, il faut éviter de me chercher, c'est la base. Surtout après ce que tu as fait à Hygie ou à tant de mes amis.
Si je t'ai viré de l'Arène, ma puce, c'est en l'honneur d'Inti. Rien de véritablement extraordinaire, ou de quoi s'enflammer. Mars souffre beaucoup de débordement en tous genres, tu sais, surtout haineux... La Rouge vaut bien mieux que cela.

Et il faut surtout que tu arrêtes de prendre pour toi ce qui ne l'est pas.
Quand je fais des dédicaces au Bar pour Requiem, quand je pars de LSD ou que mon séjour à TEM se termine, ou même quand je leur rends une visite de courtoisie, quand je m'occupe de l'hydroboost que Stone a volé à ma soeur, ou même quand je te vire 10 minutes de l'Arène, cela n'a aucun rapport avec toi... Ou avec nous, si tu préfères...
Et quand je rends visite à TEM, bien sûr c'est pour voir Requiem, et pas Jorune ou Woulouf; c'est bizarre les questions qu'on me posait à l'époque. Alors déjà, quand même, j'ai pas besoin d'aller à TEM pour parler à Jorune ou Woulouf, et d'autre part, si j'ai quelque chose à leur dire, ce sera certainement pas pour toi, et de plus, de toute façon, je règle toujours mes problèmes toute seule...

J'aurais bien voulu te l'expliquer. Mais que veux-tu. Vous êtes lourds quand même.
Et je comprends bien que mon silence ne vous aide pas, mais en même temps...

Cela date maintenant, mais j'avais été étonnée de te voir faire ton cinéma dans l'Arène... Je venais d'ailleurs de faire mes au revoir à TEM quand je t'ai posé la question. Et j'ai été tout autant amusée que surprise d'avoir un lax en réponse... J'aurais bien aimé que le-mien en retour passe... J'aurais pu retenter mon coup d'ailleurs, mais bon, je suis sport...
La mesure, ma chérie, la mesure. L'escalade n'est jamais bon, même quand on est Pourpre. Tu m'as laxé, est-ce que tu m'as vu m'enflammer comme toi quand je t'ai viré de l'Arène ? Si tu étais un peu lucide et que tu arrêtais de monter sur tes grands chevaux pour rien, tu verrais, tu serais plus détendue...

Et surtout, pour Hygie, c'est vraiment débile ce que tu as fait, et pour rien en plus...
Je sais pas... c'est comme... c'est comme.. *réfléchit* Prenons un truc absurde, complètement débile. C'est comme par exemple si tu me voyais sans scaphandre dans la geôle... Ou que tu y voyais une porte inexistante ou pensais qu'on pouvait y entrer à deux... C'est débile, hein ? Heureusement que tu n'as pas de telles hallucinations, tu te frapperais ? *sourire narquois*
Tu as trop de haine en toi, mon ange... Et les Acidaliens n'arrangent pas ton cas. Et toute cette haine ambiante est vraiment d'une telle tristesse, elle vous rend si aveugles, si peu lucides... Et tu n'es pas la seule... D'ailleurs, quelqu'un vient, il faut que j'y aille..."

Les Putrefacteurs allaient peut-être l'embarquer...
J'aurais éventuellement pu leur laisser un mot si les Nécro-chirurgiens comptaient la trifouiller. Une greffe de cerveau aurait pu être pas mal pour son cas... ça aurait beaucoup plu à Hygie, Steph et Winthrop en tout cas...
[28/06/2017 00:43] Histoire de Kimcass
Catégorie : Bar du Forage


Titre : La gamine du bac à sable



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Post de : Kimcass
Rentre dans ce bar dont elle n'avait pas trainé les bottes depuis un long moment et salut d'un geste de tête les quelques terras de sa connaissance.
Le bar n'était pas vraiment rempli, ni vraiment vide mais il avait perdu un peu de son âme d'antan.
Un rapide tour d'horizon pour vérifier que la mioche n'était pas là !
On m'avait dit qu'elle y passait sa vie ces derniers temps et qu'elle y en racontait des histoires à qui veut entendre. A faire fuir tous les pauvres ivrognes qui venaient là pour oublier leur dure journée. C'est pour dire. En tout cas c'était bien ma veine ! Toujours là sauf quand il le faudrait vraiment. ça me ma rappelle un peu sa mère ça !


* Trifouille dans un poche et en sort une lettre puis l’épingle au grand tableau des annonces. *


A l'attention de la gamine du bac à sable qu'on prénomme aussi Tisi


Il est venu à mes oreilles que tu racontais pas mal de conneries ces derniers temps et que tu te faisais remarquer très souvent. Tu y vas de tes belles leçons et tu refais le monde à ta façon et comme cela t'arrange.
A croire que t'es arrivée ici avant tous le monde, ma parole on dirait ta mère !
Alors écoute moi la merdeuse : Tu peux raconter ce que tu veux sur moi que je suis vaniteuse ou que j'ai tout les défauts de la terre personnellement ça ne m'empêchera pas de vivre tranquillement j'en ai vu d'autres, tu sais. Sache que mon énergie je la passe maintenant à d'autres choses bien plus intéressantes qu'a botter le cul d'une gamine capricieuse.
Ton petit vol plané à du te faire perdre la moitié de tes neurones ma pauvre et a en voir le résultat, n'a pas survécu la meilleure moitié en plus ! Sache que j'en suis désolée pour toi, je compatis. Cependant je voudrais tout de même te rappeler à ton bon souvenirs que de Furie tu n'en as que le nom, tu n'as jamais été une Furie d'Erinyes tout simplement car je t'ai foutu dehors du syndicat après que tu y ai foutu une belle zizanie !
De ce très court séjours chez nous, nous en avons retenu une chose, sous tes airs angéliques tu cachais des intentions fort peu louables. Il nous reste en possession quelques enregistrements et certains Eri peuvent confirmer ce que j'avance. De ce fait, officiellement, tu n'es pas une Furie, tu ne l'as jamais été et ne le sera jamais. Si les furies sont vengeance elles ne le sont jamais pour elles mêmes, mais pour défendre un noble cause....Et tu défends un peu trop ta cause je trouve. Mais si ça te fait du bien de le raconter à qui veut l'entendre, je peux le comprendre et j'en porterai pas cas. Je ne désire pas te blesser d'avantage bien que parfois c'est pas l'envie qui m'en manque.

L'on m'a rapporté aussi que tu parlais un peu beaucoup de mon mari....Pauvre homme en perdition sur les traces du pourpre ! N'est ce pas ? Ne t'inquiète donc pas pour lui, il n'est pas séquestré et il n'a rien perdu de son bel azur. Tous les jours je prend grand soin de vérifier qu'il n'a rien perdu de sa superbe et je peux te dire qu'il est magnifiquement bleu et qu'il brille toujours autant de milles feu....Tu comprends à présent pourquoi je suis très occupée et que c'est bien plus passionnant que de torcher les fesses d'une chieuse de ton espèce.

Quant à Erinyes :

Dans un peu plus d'une centaine de jours je fêterai mes 10 ans sur cette planète. Le 31 Octobre 2007, je foulais pour la première fois le sol de cette planète. ça fait un bail n'est ce pas ? Ma petite, je ne sais pas ce que tu foutais à l'époque sans doute tu salissais tes couches ou jouais dans ton bac à sable, je ne sais pas trop, je me souviens juste de l'état où tu étais quand je t'ai récupéré plusieurs années après...Mais je peux te dire qu'il s'en est passé des choses depuis ce premier jour. Des choses bien, des choses dont je suis fière ( normal pour une vaniteuse ) et d'autres dont je suis moins fière. Beaucoup d'erreurs aussi ! Mais c'est bien les erreurs : ça refroidi le tête, ça fait évoluer, ça fait grandir, tâche d'en sortir grandit toi aussi au lieu de cultiver ta haine car c'est pas très azur tout ça, ni joli joli.
Sur 10 ans, j'ai du en passé au moins 8 à gérer Erinyes et à faire de ce syndicat ce qu'il est et a été et cela avec l'aide des miens. Ta mère, Mithra elle, n'y a en fin de compte, passé que très peu de temps et ne s'en est guère occupé. L'historique et archive syndicale le prouve. Ce n'est pas un reproche juste un constat. Donc le devenir de ce syndicat ne te regarde en rien, il est en rien ton "héritage". Je le mène et le mènerai comme bon me semble ne t'en déplaise et si aujourd'hui j'ai envie d'en faire un sanctuaire de repos, cela ne regarde que les Erinyes et certainement pas toi ! La porte étant ouverte tous le monde peut trouver bonheur ailleurs si tel est leur souhait. Alors garde tes remarques pour toi à ce sujet. Que je sache ton sang n'a jamais coulé pour ce syndicat, le mien si !

Cependant, vu que tu as de l’énergie à revendre à en saouler tout le monde, je te conseille d'essayer de faire ne serait-ce que la moitié de ce que j'ai fais sur
cette planète. Même si c'est pas grand chose ça reste déja bien plus que toi !
A critiquer et à parler beaucoup on ne fait pas grand chose de bien au final. Tapoter le cul d'une rivale en signe de supériorité et s'en venter à tout va n'est aucunement un exploit et ne gravera pas dans les annales ton passage sur cette planète. A ce sujet fait attention ton orgueil deviendrait-il plus grand que ma vanité ??
Créé donc ton syndicat au lieu de chercher à récupérer celui des autres....Trouve-toi une quête à accomplir, un exploit à relever, d'une part tu ne perdras plus ton temps engluée dans une pseudo-vengeance de pacotille qui ne sert strictement à rien et d'autres part tu seras au moins de quoi tu parles quand tu donneras des leçons aux autres. De plus créer quelques chose de tes mains et le faire grandir t'apportera la reconnaissance dont tu as tant besoin pour te sentir importante, la maturité en prime, si on a un peu de la chance...
Car tu parles beaucoup d'azur mais dans ton cœur tu es encore très pourpre. Je sais ce que je dis moi la défroqué, la furie d'Erinyes, première des pourpres.
Qu'il est loin et difficile le chemin de l'azur... N'est-ce pas ? Mon mari aurait pu te l'expliquer mais je crois qu'il a lui aussi bien mieux à faire que de jouer les baby-sitter. J'ai appris beaucoup à ses cotés, et j'en apprend tous les jours, il a sans aucun doute calmer beaucoup de mes ardeurs, beaucoup de mes impulsions sans quoi aujourd'hui tu aurais eu la plus magistrale des roustes.
Il a peut être appris un peu de moi aussi, va savoir....Le ying le yang....toussa toussa...Rien n'est tout azur ou pourpre. Bref, l'équilibre. Tout est question d'équilibre...
Je te souhaite de la trouver, pas que je sois devenue altruiste...Non ! Aucunement, mais tu nous casseras moins les couilles et tu foutras ainsi la paix à beaucoup de monde.

Kimcass Boss du syndicat Erinyes
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